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Pour connaître les silos à grain

Un édifice méconnu

Un édifice méconnu

Le silo à grain français est un édifice méconnu. Les premiers silos français, c’est-à-dire ceux qui sont construits avant le début des années 1930, sont associés au grand commerce international. Leur nombre est assez réduit et limité aux quelques grands ports métropolitains générant assez de trafic pour les accueillir.

La naissance du silo agricole français, celui qui habite les campagnes et qui est exploité par le milieu agricole naît au tournant des années 1930 d’une expérience économique destinée à remédier à la crise agricole qui frappe le secteur à la même époque. Pour les contemporains, cet édifice est perçu comme une révolution. Les ingénieurs, les architectes, les autorités agricoles, la politique et la presse se passionnent pour ce bâtiment qui apparaît comme un programme architectural nouveau. Le phénomène résiste à la seconde guerre mondiale puis s’estompe soudainement. Au milieu des années 1950, le silo perd tout prestige et se range au côté des édifices strictement utilitaires, perdant alors l’intérêt des architectes. Aujourd’hui, il est symbolisé par les gigantesques unités en béton armé en coffrage coulissant, à cellules rondes ; « cathédrales de béton », admirées ou décriées.

L’historiographie se fait l’écho de ce dédain. Après une période de pléthore, entre les années 1930 et 1950, pendant laquelle la presse grand public ou spécialisée multiplie les articles, les seuls ouvrages qui abordent le sujet sont les recueils techniques des frères Reimbert, ingénieurs-conseils, spécialisés dans ce domaine, qui actualisent à deux reprises un premier opus édité en 1952, 1962, 1982. Passé cette date, c’est le silence…

Il faut attendre novembre 1995, date à laquelle se tient à Chartres, capitale de la Beauce, grande région agricole française, un colloque sur le sujet retranscrit dans les pages de la revue du CILAC, L’Archéologie Industrielle en France, paru en juin 1996.