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Pour connaître les silos à grain

Quel avenir des silos à grain ?

La crise économique, l’Arrêté Voynet, mais aussi l’image de l’agriculteur – au mieux un industriel de la terre qui produit des surplus quand il n’est pas ce pollueur dangereux qui empoisonne ces concitoyens en toute impunité, tous ces facteurs modifient le regard des agriculteurs et des coopératives.

L’attitude de ces dernières change radicalement. Il a suffi d’un premier article traitant de l’histoire des silos et rédigé dans une revue professionnelle publiée par une coopérative pour que le réseau coopératif réalise toute la valeur patrimoniale de ces édifices. L’article a produit une réaction en chaîne. Une seconde coopérative demande la réalisation d’un document commémoratif ; un agriculteur éclairé, féru d’histoire, de faire une conférence sur le thème ; la Fédération des coopératives de Picardie, d’écrire une série d’opuscule sur chacun des trois départements de la région.

Bientôt, le directeur du Comité Départemental du Tourisme d’Eure-et-Loir cherche à utiliser le silo à des fins touristiques. La Maison de la Beauce, une association d’agriculteurs qui défend l’identité de la Beauce, un territoire agricole, organise plusieurs conférences sur le thème, etc.

Cette prise de conscience soudaine de la valeur des silos à grains n’est malheureusement pas encore suivie de faits. Des pertes irréparables sont encore commises dans une certaine indifférence chez la population malgré les avertissements horrifiés des représentants de la culture dont l’architecte des bâtiments de France. En 2005, l’un des silos les plus remarquables du bassin parisien a été détruit par un maire peu scrupuleux qui n’a pas perçu la valeur de l’édifice.

C’est actuellement tout le problème de la sauvegarde réfléchie des silos qui est posé : l’absence d’un plan d’ensemble. en effet, il n’existe pas de programme de sauvegarde et de valorisation du silo historique français. Les critères drastiques de classement au titre des monuments historiques tels que nous avons pu les observer au silo de Marseille laissent présager du pire…

Suite à cette destruction, l’Architecte des Bâtiment de France du Loir-et-cher a demandé un rapport présentant les principaux silos historiques à protéger dans le département afin de mettre tout en œuvre pour que la même catastrophe ne puisse pas se reproduire.

Les défenseurs du silo s’accordent tous sur la nécessité d’une campagne de communication et de sensibilisation sur  le thème.

En conclusion, le premier silo historique français participe du Patrimoine National. Il connaît un regain d’intérêt évident, notamment par les groupements agricoles et le milieu culturel. Cependant, sa jeunesse est à double tranchant. Trop récent pour être reconnu par le public comme faisant partie de son histoire mais assez proche pour rester dans les mémoires, son avenir est incertain. La variété des perceptions attachées à cet édifice est révélatrice de sa richesse potentielle.  L’émergence progressive d’un sentiment patrimonial apparaît comme un processus préalable, nécessaire, avant sa protection. Mais, la conduite d’un plan de sauvegarde à vaste échelle ne paraît  envisageable actuellement que sous couvert d’une volonté privée ou d’une volonté politique.