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Pour connaître les silos à grain

Le regard paradoxal de Walter Gropius

Le regard paradoxal de Walter Gropius

L’architecture des silos à grain a toujours intrigué les artistes. Peintres, architectes, théoriciens, plasticiens et photographes ont été particulièrement sensibles à la monumentalité brutale de ces mastodontes en béton armé.

Walter Gropius, un des pionniers du mouvement moderne en architecture, qui, le premier, dans un article de 1913, voit dans le silo un modèle à suivre pour l’architecture européenne :

«… Dans la patrie de l’industrie, en Amérique, de grandes constructions industrielles sont apparues, dont la majesté étonne d’autant plus qu’elle est inconnue des meilleurs constructions allemandes. Les silos à céréales du Canada et d’Amérique du Sud, les silos à charbons des grandes lignes de chemin de fer et les ateliers les plus modernes des monopoles industriels d’Amérique du Nord ont une puissance monumentale dont l’expression soutien presque la comparaison avec les constructions de l’Egypte ancienne. Leur visage architectural est d’une telle fermeté que le spectateur saisit sans ambiguïté devant une force si convaincante le sens de ces édifices. L’évidence de ces bâtiments ne découle pas de la supériorité matérielle de leurs dimensions gigantesques – ce n’est pas dans cette direction qu’il faut chercher la raison de leur présence monumentale -, mais c’est bien davantage le sens de ces grandes formes exactes autonomes, claires et nettes de leurs constructeurs qui s’exprime. Il y a là une sorte d’encouragement pour nous à rejeter cette nostalgie historique et ces scrupules de type intellectuel qui encombrent la création artistique européenne et en contrarient la spontanéité».

Les propos du théoriciens sont sans équivoques possibles. Aujourd’hui, ils semblent exagérés. En 1913, toutefois, ils contrastaient et dominaient le paysage bâti portuaire ou rural.

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